






Le musée en question est situé à la marge du Jardim Botânico (que je ne vous ferais pas l'affront de traduire), accueillant au passage quelques spécimens rares d'arbres et arbustes. Il occupe un bâtiment classé au patrimoine historique de la ville, qui n'est malheureusement plus vraiment adapté aux besoins actuels et futurs.
Un concours a donc été lancé par le biais du ministère de l'environnement de l'Etat de Rio de Janeiro et de l'IAB, Institut des Architectes du Brésil.
L'agence BLAC s'est à nouveau distinguée pour un concours d'architecture à Rio de Janeiro.
Après notamment une mention honorable obtenue pour le concours de l'Hotel Paineiras en 2009, cette fois-ci, c'est la troisième place qui a été atribuée à l'équipe. Je profite donc de la parution d'un article concernant la proposition de la BLAC sur le site Plataforma Arquitectura (en espagnol) pour diffuser un peu ce projet.
D'autres images, ainsi que les plans, coupes et élévations sont disponibles sur la page de l'article en question.
Pourquoi aujourd'hui ? Je ne sais pas. Toujours est-il qu'en me réveillant, je me suis dit que ces images dormaient dans mon disque dur depuis trop longtemps. Un petit peu de montage, un bout de chanson des Kings Of Convenience (Gold For The Price Of Silver) et le tour est joué.
Ce jour là, on s'était levé à l'aube pour pouvoir profiter du site du Machu Pichu avant l'arrivée massive des visiteurs en provenance directe de Cuzco. Malheureusement, le temps n'était pas vraiment celui escompté. Peu importe, nous sommes montés en bus, avec la cohorte de touristes ayant suivi les mêmes conseils prodigués par les mêmes guides. Et plutôt que nous hâter vers les ruines, nous avons préférer prendre un peu de recul sur les hauteurs environnantes pour mieux prendre la mesure de ce que nous étions en train de vivre.
Et c'est à ce moment que les nuages nous ont fait le cadeau de laisser progressivement la place au soleil, pour un moment unique. Les premiers rayons se sont mis à percer le ciel couvert, et se sont finalement imposés pour le reste de la journée. Le retour en train au milieu des collines aura plus tard mis un point final à la petite ballade de 2 jours que nous avons fait entre Cuzco, Pisac, Ollantaytambo, Aguas Calientes et le Machu Pichu.
Porque hoje ? Não sei. Mas eu sei que quando acordei, achei que essas imagens ficaram um tempo longo demais no meu computador. Um pequenho trabalho de montagem, um pedaço de uma canção dos Kings Of Convenience (Gold For The Price Of Silver) e pronto.
Para descobrir o reste da história em portugues, é só pedir nos comentários.
Why today ? I don't know. But when I woke up earlier, I thought these pictures slept too much in my computer. Some arrangements, a small piece of a song by the Kings Of Convenience (Gold For The Price Of Silver) and that was it.
If You wish to know the rest of the story, You just have to ask and I'll translate.
Le filtre que représente mon corps gère en réalité un multitude de flux de matières et d'informations et les transforme en d'autres types d'information (hormones, tension nerveuse, ... ), un peu comme un ordinateur transforme les mots que l'on écrit en une suite de 0 et de 1.
Le corps est d'ailleurs pour moi une sorte de machine, les organes agissant comme différentes pièces d'un moteur, avec une position et une fonction propre. Cette analogie est d'autant plus vraie qu'on parvient désormais à réaliser des échanges standard par des greffes et des transplantations.
Ce tatouage est en quelque sorte la formalisation de cet état de fait. En traçant des lignes droites, des parallèles, des éléments symétriques, j'ai voulu matérialiser l'aspect artificiel d'une machine. Chacune des pièces dessinée n'est qu'un élément singulier faisant partie d'un tout, et a le même rapport au tatouage que chaque organe possède vis-à-vis du corps dans son ensemble.
Et si, en poussant plus loin le principe, il advient qu'un jour on puisse remplacer toutes les parties du corps humain, soit par des organes provenant d'autres corps, soit par des éléments artificiels, que se passerait-il ? Quelle serait la partie personnelle (âme, esprit, ... ) qui pourrait subsister ? Quel serait le siège des sentiments ?
Tous ces questionnements font partie intégrante des films Ghost In The Shell et Ghost In The Shell 2 Innocence.
Ce tatouage est un hommage direct à ces films d'animation de Mamoru Oshii. Le premier dessin et l'emplacement d'origine de ce tatouage étaient d'ailleurs (trop) littéralement inspirés des prises à l'arrière du cou des protagonistes, qui permettent le transfert de données.
On a beaucoup parlé de corps jusqu'à présent, mais finalement assez peu de la notion d'individu.
Chaque être humain pour moi est capable. Capable de penser, de s'exprimer, de ressentir. Tous les hommes ne sont pas capables des mêmes choses, ni dans les mêmes proportions, mais aucune hiérarchie ne s'en dégage, ni aucun jugement de valeur. Le problème de notre société est le manque d'espace dévolu à chaque individu.
Par espace, j'entends à la fois la notion de place (lieu, dimension, moment), mais également celle de rôle, de possibilité d'expression et de reconnaissance.
Ce tatouage représente justement ma vision de la société idéale, dans laquelle tout le monde peut trouver sa place, son rôle, sa personnalité et ses moyens d'interagir ou non avec les autres, le tout sans empiéter sur l'espace des autres. Ainsi, certains peuvent occuper une position centrale en contact avec un grand nombre d'individus, d'autres se positionnent plus à la marge. Certains affichent leur singularité, d'autres préfèrent rentrer dans le rang.
Ce tatouage est également une marque de mon oscillation entre idéalisme (ce type utopique de rapports humains) et résignation (l'utopie est par définition une théorie qui reste quoi qu'il arrive non réalisable).
Mais en prenant un peu plus de recul, plus qu'une simple conception de la société, je pense qu'il s'agit d'une conception du monde différente de celle qui nous est généralement imposée en occident. Ma vision est liée aux principes de la topologie. Par opposition à la géométrie euclidienne, à la vision réductrice des religions monothéistes, la topologie ne privilégie pas un point de référence (le 0, l'origine, dieu, ...), ni la recherche de la vérité (de la pureté, de l'objectivité), mais la mise en relation des points entre eux, leurs rapports, leur environnement. L'approche de la réalité n'est donc pas la recherche d'un point de vue unique et définitif, mais bien la conscience que seule une prise en considération d'une infinité de réalités, distinctes mais liées, peut nous faire nous approcher d'une meilleure compréhension du monde.
Les notions de référence, de hiérarchie, d'absolu sont don abolies, par leur dilution dans une infinité de situations, par le relatif. Dans la topologie, il n'y a plus de bien ou de mal, il y a ce qu'il y a. Pas besoin de catégoriser les actes, de les hiérarchiser. Il faut simplement comprendre que tout acte, même isolé est porteur de conséquences.
Ce type de pensée est très courant dans les religions polythéistes, et principalement en Asie. Dans la religion Shinto, par exemple (au Japon, principalement), il n'y a pas de dieu. Il y a des Kami, sortes d'esprits, présents en toute chose. Seulement tous ne sont pas perceptibles. Un rocher peut être la formalisation d'un kami, de même qu'un arbre, une rivière, une montagne (le Mont Fuji en est un exemple). Et si la plupart du temps, les kami sont paisibles, stables et immobiles, il se peut qu'ils deviennent farceurs, voir qu'ils soient en colère (une branche qui tombe, un glissement de terrain, etc). Pour ne pas provoquer ce genre de réaction, il faut donc respecter les kamis. Un bon exemple nous est donné dans le film Le Voyage de Chihiro, de Hayao Miyazaki, avec le kami de la rivière (polluée).
Ce tatouage est ainsi la marque de mon intérêt pour la culture asiatique en général, et de ce que je crois comprendre de certaines croyances et visions du monde que l'on y trouve. Cela ne signifie pas pour autant que j'y crois, bien au contraire. Ne croyant en rien d'autre que mes sens, je me retrouve dans la poésie de cette façon de penser, qui laisse place au doute, à l'erreur. Car ceux-ci n'aboutissent pas sur un jugement (bien ou mal), mais sur des faits.
Car c'est l'ensemble des formes et de leurs rapports entre elles qui forme un tatouage, un tout. Il n'y a pas de point privilégié, pas de hiérarchie, juste un ensemble de situations et d'identités propres. Il y aurait bien une orientation (un haut, un bas, ...), mais il suffit que je m'allonge pour offrir un nouveau point de vue et renverser ce que l'on prenait pour une vérité.
Enfin, il faudrait parler de ma vision de l'art. Louis I. Kahn, architecte américain de renom a dit un jour quelque chose comme : "you can only learn what you already know". C'est sans doute une des plus belles phrases que j'ai lues. Pour moi, elle signifie qu'il ne sert à rien d'aller contre la nature. IL est des choses que l'on aime, d'autres que l'on aime pas. On peut chercher à analyser, bien sûr, à approfondir, mais au final, cela revient à disséquer, à mathématiser une chose simple : certaines choses nous touchent, d'autres pas.
Je pense ainsi que chacun cherche dans ce qu'il voit, ce qu'il expérimente, une résonance avec des choses qu'il connait déjà, qu'il comprend et qu'il apprécie. On peut ainsi parvenir à découvrir de la poésie et de la beauté dans certains moments qui en sont dénués pour d'autres personnes.
Ce tatouage, je l'ai voulu très abstrait pour que tous ceux qui le voient y trouvent quelque chose qui leur serait propre, au delà de tout ce que j'ai pu raconter dans ce texte. C'est aussi un moyen pour chacun d'exprimer sont regard indépendamment du dessin en lui-même. D'ailleurs, la seule personne ayant tenté de déceler quelque chose y a vu une fée. Ce qui est à la fois très loin du compte (vu tout ce que je viens de dire) et exactement ce que je recherchais avec l'abstraction formelle.
Alors, bien sûr, je n'ai pas pris un feuille blanche en me disant que j'allais essayer de raconter tout cela à la fois. Non. J'ai d'abord décidé de l'endroit où j'allais le positionner, puis j'ai tenté plein de formes, en rapport avec certains dessins réalisés depuis 2005. En puis petit à petit, en testant une forme par ci, une autre par là, je me suis rendu compte de ce que signifiait un tatouage pour moi, puis que ce que je dessinais pouvait être porteur de plein de choses qui me touchent. Et bien que tout soit venu après un coup de crayon manqué, une page déchirée, ou un trait trop étiré, tout ce que j'ai dit ici a pesé dans la balance au moment de franchir la porte d'entrée du studio de tatouage.
D'ailleurs, je mets un point final à ce post en indiquant les coordonnées du Tatoueur :
Roberto
Rua Farani, 23 - sala:103 - Praia de Botafogo - CEP: 22231-020
Rio de Janeiro / RJ
O Cristo, visto da estação São CristovãoA ideia desse serie de imagens surgiu numa conversação com amigos en 2005. O assunto éra ligado aos moradores da Zona Norte.
Essa população, esquecida pelo poder público que prefira investir dinheiro nas áreas já mais desenvolvidas (Zona Sul) ou em desenvolvimento por conta próprio (Zona Oeste), representa portanto uma parte fundamental da vida carioca e da cultura brasileira. A torcida grita mais na Zona Norte, as baterias batem mais forte lá.
Mais isso não gera dinheiro. A especulação imobiliária prefira mostrar os lugares mais bonitos da cidade, usando os cartões postais dela como uma vitrine. As pessoas morando na Zona Norte são usadas para recuperar o dinheiro (impostos) que vai ser usado para melhorar as condições de vida dos turistas e dos moradores mais ricos da cidade. Esse processo foi ampliado com os escolhas do Rio de Janeiro para acolher o PAN2007, assim como jogos da copa do mundo de futebol de 2014 e as olimpiadas de 2016. O dinheiro vai chegar dos poderes públicos (Governo Federal, Governo Estadual, Prefeitura) para ser usado na Barra da Tijúca, deixando mais uma vez a Zona Norte no lado.
O princípio era o seguinte : tirar imagens dos lugares mais famosos do Rio de Janeiro, visto de angulos raros (como as pessoas esquecidas podem ver esses lugares), e mostrar como os moradores são usados para vender a cidade como um produto (código de barra) que pode trazer dinheiro em mãos privadas.
O Cristo, visto da Rua das Laranjeiras
Conjunto Lagoa/Ipanema/Leblon, visto da favela Pavão-Pavãozinho
Como sempre, a ideia ficou assim um tempão sem ser desenvolvida. Foi um ano depois que eu saiu de novo com esse princípio, que usei para a capa do meu trabalho final de graduação (dez. 2006). Finalmente resolvi realizar mais algumas imagens para ver o que que poderia dar.
Obrigado á João e Pharra, pelas discussões, descobertas, etc, e desculpe para ter desenvolvido o conceito sem Vocês. Mas ainda tem muito para fazer.
A enseada de Botafogo, vista da favela Santa Marta.